© PNR Massif des Buages
Centre de ressources

Autogestion des sites

Objectifs : 

L’objectif est d’entretenir essentiellement par du pâturage extensif des sites de zones humides (principalement des prairies) en déprise agricole ou en reconversion (anciennes peupleraies).

Contexte : 

Afin de contribuer directement à la préservation des zones humides d’importance majeure de son territoire, et d’expérimenter des outils de gestion ou de restauration, le Parc gère directement certains sites qui sont en propriété propre du Parc ou en convention de gestion avec l’État, des collectivités locales ou des particuliers.
Le Parc a commencé à mettre en place cette démarche d’auto-gestion sur ses sites depuis que la gestion de la Réserve Nationale des Mannevilles lui a été confiée, à la fin des années 1970. Jusqu’en 1997, les missions liées à la gestion de terrain, l’animation pédagogique, les suivis et la zootechnie, étaient confiées par le Parc au Centre de découverte de la nature (CEDENA).
Cette association a ensuite été dissoute et ces missions ont été reprises par le Syndicat mixte.

Démarches et résultats : 

Sur les sites auto-gérés, le Parc définit la plupart du temps un modèle de gestion des terres humides abandonnées par l’agriculture (principalement des prairies humides) à travers la mise en place d’un pâturage extensif à l’aide de races rustiques. Sans cet entretien par cette « barre de coupe naturelle », les prairies humides abandonnées seraient vouées à l’enfrichement.

Le Parc a commencé à se constituer un cheptel à la fin des années 70. Il possède aujourd’hui environ 250 animaux, qui sont suivis par deux zootechniciens du Parc (depuis la fin des années 1980) : chevaux de Camargue pour moitié, bovins Highlands ou Aubracs pour autre moitié. Ces animaux sont un outil de gestion pour le Parc, permettant de maintenir ou restaurer la biodiversité biologique sur les terrains difficiles, jusque là abandonnés par l’agriculture. Les animaux ne sont pas dédiés à la vente pour la viande, mais peuvent parfois être cédés gratuitement à des structures demandeuses pour le pâturage (conservatoire, agriculteurs…).
En général, le Parc n’a pas recours à l’achat d’animaux pour agrandir le cheptel dans la mesure où les nouveaux individus sont issus de la reproduction du troupeau. De race rustique, le cheptel passe toute l’année en extérieur. Le Parc a aménagé les sites où ont été placés les animaux avec la mise en place de clôtures et de parcs de contention pour faciliter les manipulations au pâturage, ainsi que l’installation de tonnes à eau ou la création de points d’eau pour leur abreuvement.

Autant que possible, le PNR réalise des fauches de manière ponctuelle afin d’être le plus autonome pour l’approvisionnement en foin des animaux, notamment en période hivernale. Les vermifuges étant nuisibles aux organismes coprophages, aucun traitement vétérinaire systématique n’est réalisé (le faible chargement et la rusticité des animaux permettent de réduire les risques). Le Parc se doit cependant de réaliser un suivi minimum sanitaire (prophylaxie obligatoire pour bovins). Le Parc a par ailleurs édité une brochure de sensibilisation sur la limitation de l’utilisation des vermifuges. Il a intégré en outre le groupe « MAET vermifuges » initié par le PNR du Morvan. L’Agence de l’eau est favorable à cette maîtrise foncière (acquisition et/ou gestion) et pousse le Parc en ce sens. L’agence finance ainsi l’acquisition de terrains et parfois certains investissements (clôtures par exemple). Les autres coûts (entretien des animaux…) sont pris en charge par le Parc, qui peut parfois mobiliser des outils financiers dans le cadre de Natura 2000 ou des ENS, ou encore solliciter l’aide financière de la DREAL. Les propriétés du Parc étant quasiment toutes en zones humides, elles ont pu bénéficier de diverses subventions (AE, FEDER, DREAL, région etc.).

En 2000, le Parc a tenté une expérience de délégation de gestion : 100 ha ont été achetés par le Parc et confiés à un agriculteur au travers d’un bail rural. Les enseignements tirés de cette expérience amènent le Parc à se positionner à l’avenir, et le cas échéant, à s’appuyer sur le nouvel outil à priori plus adapté que constitue le bail environnemental. Une réflexion avec la SAFER, mais aussi le Conservatoire du Littoral et l’Établissement Public Foncier de Normandie, est également en cours sur les questions générales de stratégie foncière sur le territoire. Le Parc est favorable également au transfert des compétences : c’est le cas sur les communes du Trait et de Pont-Audemer, qui ont recruté un agent technique et acheté des animaux pour entretenir leurs terrains. Ces communes assurent ainsi elles-mêmes la gestion écologique de leurs espaces. Le Parc leur apporte une aide technique (conseils, formations) pour les accompagner dans la gestion de leurs parcelles. Cependant, les autres communes n’ont pas toujours les moyens financiers ou la volonté de suivre cet exemple.

Résultats/Perspectives :
Aujourd’hui, 395 ha sont gérés directement par le Parc, dont certains sites majeurs : Marais Vernier, marais de Sainte-Sulpice-de-Grimbouville, marais de la Rançon sur Saint-Wandrille-Rançon et la tourbière d’Heurteauville. A ce jour, le cheptel est suffisant pour entretenir les surfaces en gestion. Les animaux peuvent constituer un attrait touristique sur les sites à condition de valoriser leur présence par le biais de documents de communication (dépliants) ainsi que par des visites guidées. Des suivis scientifiques réguliers permettent d’évaluer l’action des herbivores sur ces sites et leur rôle dans leur préservation. Les acteurs du monde rural (chasseurs, agriculteurs) s’interrogent parfois sur cette maîtrise foncière. Le Parc n’achète cependant que des parcelles non convoitées par l’agriculture (zones difficilement valorisables) et entretient un partenariat avec les chasseurs. Si le Parc et ses partenaires décident d’acter cette stratégie d’acquisition/gestion dans la future Charte 2013-2025, un travail de communication auprès des habitants locaux devra être réalisé afin de légitimer cette action.

Atouts et limites : 

Le Parc ne vise pas uniquement à acquérir des terrains (rôle d’un Conservatoire ou d’autres acteurs fonciers), mais se doit au minimum de les gérer par la suite, d’y effectuer des suivis scientifiques, voire en profiter pour mettre en place des expérimentations. C’est le cas de la gestion par pâturage extensif avec des animaux rustiques mise en place par le Parc depuis plus de 30 ans. Ce modèle a été repris depuis en France et à l’étranger par divers gestionnaires privés (chasseurs, associations…) pour entretenir les zones humides, contribuant ainsi à asseoir le Parc dans son rôle de territoire d’expériences.

Atouts/ Opportunités :

  • Le soutien de l’Agence de l’Eau

Difficultés rencontrées/ Limites :

  • Une mauvaise compréhension de la part de certains acteurs du territoire
  • Difficultés à pérenniser les moyens de suivi des sites
  • Nécessité d’une stratégie plus globale à l’échelle de l’estuaire qui dépasse la logique d’opportunité en termes d’acquisition ou de gestion
Date de début : 
1979
Région : 
Normandie
Type d'intervention : 
Expérimentation
Partenaires : 

Conseil Général 76

Fédération des Parcs naturels régionaux de France

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