© PNR Massif des Buages
Centre de ressources

Corridors forestiers

Objectifs : 
  • Identifier et préserver les milieux et les espèces clés du territoire, en particulier ceux d’importance stratégique à une échelle plus large.
  • Limiter la fragmentation des milieux et permettre aux espèces de se déplacer.
  • Identifier les zones de passages ou corridors écologiques à maintenir ou restaurer.
Contexte : 

Le territoire du Parc naturel régional Oise Pays de France est couvert pour un tiers par le massif des "Trois Forêts" (forêts d’Halatte, de Chantilly et d’Ermonville). Il abrite aussi le plus grand massif de landes du nord du Bassin Parisien. Il constitue une zone carrefour au sein d’ensembles écologiques plus larges : les massifs forestiers de Picardie et les landes du nord du Bassin Parisien. Cette situation fait du territoire une zone à fort enjeu écologique. En particulier, il est déterminant pour le maintien de la diversité génétique du cerf élaphe des forêts du nord de l’Ile de France, de Picardie et de Compiègne.

Toutefois les connectivités naturelles et la circulation des espèces sont largement menacées de rupture par une forte pression foncière, l’urbanisation et les infrastructures (40km de Paris). Un début de consanguinité commençait d’ailleurs à être observé chez les cervidés. Cette situation a pesé énormément dans la décision de créer un Parc naturel régional sur ce territoire. Au vu de sa position biogéographique stratégique le Parc devait se positionner et créer une expérience forte sur la question des corridors.

Démarches et résultats : 

Les principaux corridors furent identifiés de manière simple dès la préfiguration du Parc naturel régional Oise - Pays de France, avec comme objectif central la préservation du Cerf élaphe, en tant qu’espèce très représentative du patrimoine naturel. Le futur PNR s'appuya dans un premier temps sur les connaissances existantes concernant les déplacements de la faune et et en particulier sur une étude commandée par la DDE. Ces corridors furent alors intégrés directement dans la Charte et matérialisés sur le Plan de Parc.

Fin 2003, immédiatement après la signature de la Charte, plusieurs études précises (au 1/50 000ème et à l’échelle cadastrale sur les zones de conflits) ont été lancées :

  • Des études pour chacun des corridors forestiers identifiés approfondissent leur fonctionnalité pour la circulation grande faune. Elles analysent les déplacements de la grande faune, de la fragmentation des milieux, de la perméabilité et approfondisent la problématique des clôtures physiques, lumineuses ou auditives, afin d'en déterminer les impacts les seuils d'acceptabilité.
  • Une étude du réseau écologique des landes fait l’analyse de la continuité du réseau et des possibilités de déplacements, avec l’aide du Conservatoire des sites naturels de Picardie. Elle fait les inventaires faune/flore, l’analyse de l’état de conservation du réseau et du taux de boisement.

Ces études, dont le suivi est assuré par des comités de pilotages formés par le Parc et spécifiques à chacune d’entre elles, mobilisent un large partenariat composé d’élus, de chasseurs, de forestiers, d’associations naturalistes, de services de l’Etat. Le but est en effet de pouvoir déterminer un programme d’actions collectives sur la base des résultats et d'un diagnostic écologique anticipant les évolutions futures.

Dans ce cadre, plusieurs types d’actions commencent à être engagés :

  • Au moment de la révision des Plans locaux d’urbanisme (PLU), le Parc aide les communes à intégrer les corridors.
    Plus largement, leur information et leur sensibilisation se fait par le biais d’une fiche communale, présentant une synthèse des enjeux pour leurs territoires.
  • Une démarche de maîtrise foncière et des actions de restauration des corridors sont engagés sur des zones de passage qui étaient en train de se fermer.
  • Actuellement en cours, un travail d’identification des rôles des partenaires doit permettre de fixer un cadre stratégique pertinent pour l’action.

Cette réflexion permet notamment d’engager la concertation avec les agriculteurs et les SAFER, avec la Direction départementale de l’Agriculture et l’office national des forêts qui travaillent sur un observatoire départemental des corridors, et qui demandent à tous les acteurs de terrain de relever passages animaux et d’affiner la cartographie des circulations, avec le Conseil Général du Val-d’Oise qui vient de voter la prise en compte des corridors identifiés en tant que zones sensibles, avec le Conseil régional de Picardie qui prévoit d’intégrer les résultats du Parc dans un schéma régional du patrimoine naturel.

Atouts et limites : 

Le point fort de cette démarche est d’avoir intégré les corridors directement dans la Charte du PNR : ceci permet au Parc de travailler plus efficacement avec les élus et d’optimiser la déclinaison des résultats dans les documents d’urbanisme. En revanche, une difficulté persiste : l’intégration de corridors dans les documents d’urbanisme n’empêche pas forcément les constructions illégales.
Il s’agit pour le Parc d’être en état d’alerte et d’assurer la veille et le suivi des projets d’aménagement.

Date de début : 
2004
Date de mise à jour : 
Mercredi 8 déc 2010
Région : 
Île-de-France
Type d'intervention : 
Expérimentation

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