© PNR Massif des Buages
Centre de ressources

La mise en place expérimentale de corridors écologiques

Objectifs : 
  • Contribuer à la préservation de la biodiversité en permettant le déplacement nécessaire des espèces
  • Apprendre à connaître et à comprendre l’ensemble de l’infrastructure naturelle du territoire
  • Cartographier précisément les zones de connectivités suffisantes ou en dysfonctionnement, composant ce réseau écologique
  • Créer un support de concertation qui puisse orienter au mieux les décisions aux différentes échelles des politiques d’aménagement
Contexte : 

Le Parc naturel régional du Pilat, îlot continental montagneux limité par les vallées du Rhône et du Giers, est un carrefour biogéographique où circule une diversité d’espèces ainsi qu'un territoire du Massif Central fondamental pour les liaisons écologiques entre les Pyrénées et les Alpes. Ces liaisons essentielles à la survie des espèces sont toutefois menacées, en particulier aux marges du territoire du Parc, le long de la vallée du Rhône et du Giers, par l’extension du vignoble et par une pression urbaine importante.
Des infrastructures routières existantes, de nouveaux projets (en particulier celui du contournement de l’ouest lyonnais), augmentent encore la menace de fragmentation des habitats.

Face à cela, le Parc a réfléchi, à partir du premier trimestre 2005, à l’opportunité de mettre en place des « corridors écologiques ». Conjointement à son engagement dans des démarches « corridors » à l’échelle régionale et au sein de l’association Inter Parcs du Massif Central (IPAMAC), il s’est alors porté volontaire pour expérimenter sur son territoire la méthode établie par la Fédération des Parcs Naturels Régionaux et largement inspirée de la méthode suisse ECONAT.

Démarches et résultats : 

La compréhension et la cartographie du réseau écologique sont essentiels à la mise en évidence de corridors écologiques. Le Parc naturel régional du Pilat a donc, en premier lieu conduit en interne une étude qui vise, par l’observation et la compréhension des interactions entre les espèces et leurs habitats, à identifier un « réseau écologique général » et provisoire du territoire (zones nodales ou réservoirs, zones tampons, corridors).

Le but est de pouvoir cartographier, à l’aide d’un système d’information géographique (SIG), les différentes connectivités à maintenir ainsi que leurs obstacles naturels et artificiels. le Parc a, dans ce cadre, expérimenté la méthode ECONAT, adaptée au réseau des Parcs, et l'a complété et comparé avec une méthode développée par l’université de Saint Etienne (CRENAM) basée sur l’écologie du paysage. Ceci doit lui permettre, par une série de tests comparatifs, d’identifier un réseau écologique qui intègre, de manière transversale, les approches biologiques et paysagères.

L’ensemble de ce travail, effectué au 1/25000e, fournira une nouvelle lecture du territoire par l’interprétation de données existantes et déjà répertoriées. En effet, en plus des inventaires faune et flore, de l’inventaire du réseau et du trafic routier, le Parc dispose déjà d’une connaissance et d’une visualisation de qualité des habitats de son territoire, répertoriés par le Conservatoire Botanique National du Massif Central (CBNMC) et cartographiés au 1/25 000ème.
En déclinaison de la méthode proposée par la Fédération, l’utilisation de cette connaissance et l’identification du réseau écologique se fait avec l’appui d’un Comité technique, créé pour l’occasion, en charge du suivi de l’étude, d’enquêtes de terrain et constitué d’un ensemble de partenaires spécialisés dans l ‘environnement, la chasse, la pêche… (associations naturalistes, scientifiques, l’ONCFS, L’ONEMA).

La méthode utilisée et les conclusions cartographiées de l’étude sont d’abord validées scientifiquement par le conseil scientifique du Parc. Le Parc s’assure en parallèle qu'elles le soient par les élus afin de permettre leur appropriation et d’assurer leur prise en compte future dans les documents d’aménagement. Ces choix se font en effet de manière concertée avec les élus locaux à travers les différents outils d’aménagement (Charte du Parc, SCOT, PLU, stratégie régionale..).
Dans cette optique, une stratégie de concertation est en cours de formalisation. Elle devra développer une série d’actions à mener sur l’information, la planification, la gestion des milieux, dans le cadre d’un comité d’étude représentatif de l’ensemble des acteurs du territoire.

Un partenariat avec la Région est d’ores et déjà prévu. Il s’agira, sur la base de la connaissance et de la compréhension du réseau cartographié, d’établir des « contrats corridors », permettant leur préservation et/ou leur aménagement, par des outils tels que « réserves naturelles régionales ». Résultats : Les zones humides et prairiales, constituant les milieux les plus fragmentés, ont été identifiées comme habitats cibles dont les connexions sont à protéger.
La définition des espèces cibles, permettant d’identifier des corridors prioritaires est en cours. Il est prévu d’obtenir la carte du « réseau écologique provisoire » pour l'automne 2007. Les conclusions de l’étude seront alors présentées à la commission « milieux naturels » et au comité syndical du Parc. Le processus de concertation s’organise.

Atouts et limites : 

Un des atouts majeurs du Parc est qu’il inscrit la mise en place de corridors dans une démarche de mise en cohérence globale et de coopération territoriale :

  • à l’échelle régionale via les « contrats corridors »de la région Rhône-Alpes.
  • à l'échelle du réseau écologique du Massif Central, lui même inscrit dans le réseau transfrontalier « cantabrique, Pyrénées, Massif central, arc alpin » , via une approche inter-Parcs, au sein de l’IPAMAC.
Date de mise à jour : 
Mercredi 8 déc 2010
Région : 
Auvergne-Rhône-Alpes
Type d'intervention : 
Expérimentation

Fédération des Parcs naturels régionaux de France

9 rue Christiani
75018 Paris
Tél. 01 44 90 86 20
 

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