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Centre de ressources

La traduction des corridors écologiques dans les outils d'aménagement

Objectifs : 
  • Lutter contre l’érosion de la biodiversité en assurant aux espèces la possibilité de réaliser les déplacements essentiels à leur survie (besoins vitaux, reproduction…)
  • Participer à l’application opérationnelle du schéma régional de Trame Verte et Bleue par son application aux enjeux écologiques et paysagers du territoire et à son infrastructure naturelle.
  • Préparer un ensemble d’actions qui puisse assurer la prise en compte des résultats obtenus et des propositions identifiées.
Contexte : 

Le Parc naturel régional de Scarpe Escaut est situé dans la région très urbanisée du Nord-Pas-de-Calais et dispose de la plus forte densité de population de tous les Parcs naturels régionaux (384 hab/km²). La biodiversité est menacée par la forte pression urbaine (habitations, infrastructures routières) qui, en fragmentant les habitats, perturbe considérablement la connectivité écologique du territoire. Les menaces qui pèsent sur la survie et le déplacement des espèces sont complexes :

  • Les mares et zones humides sont menacées tant par leur drainage (pour l’agriculture) que par leur transformation en peupleraies, bien que ces dernières offrent des zones de repos lors de passages importants.
  • Le passé industriel du territoire a fortement contribué à la pollution des deux principales rivières qui le traversent, mais les terrils issus de l’industrie minière constituent aujourd'hui de véritables habitats à intérêt faunistique et floristique.

​Le Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais a élaboré un schéma régional de "Trame Verte et Bleue", contribuant à la définition globale d’un réseau écologique paneuropéen dans le cadre d’un projet INTERREG, mené en partenariat avec le Kent (Angleterre).
Ce schéma est intégré à son schéma régional d’aménagement du territoire (SRADT), et est considéré comme un des schémas prioritaires à mettre en oeuvre. Son application opérationnelle doit cependant passer par une déclinaison territoriale. Il est alors laissé au niveau local le soin d’élaborer leur propre schéma en fonction des opportunités et spécificités locales et de déterminer un programme stratégique d’action. Le schéma élaboré doit aboutir à une protection-reconstitution opérationnelle de « corridors écologiques ». Le Parc de Scarpe Escaut s’est lancé dans ce programme au début du mois d’octobre 2006, à l’aube de la révision de sa Charte.

Démarches et résultats : 

Le Parc naturel régional de Scarpe Escaut a lancé les études nécessaires devant lui permettre de connaître et d’identifier dans un premier temps l’infrastructure naturelle de son territoire (ou réseau écologique) pour ensuite pouvoir proposer des corridors à préserver, améliorer et/ou reconnecter. Pour ce faire, il a choisi de se baser sur la méthode d’intervention établie par la Fédération des Parcs en mobilisant un poste à mi-temps. L’étude du réseau écologique assure la cohérence avec les orientations régionales, et se décline par :

  • La centralisation des données disponibles sur la faune, la flore et les habitats (Conservatoire botanique de Bailleul, groupe ornithologique du Nord…) pour la création d’une base de données formalisée au sein d’un système d’information géographique (SIG)
  • L’identification des zones nodales et la cartographie des différents réseaux sous SIG.

Le Parc a décidé de travailler à l'échelle du Parc naturel transfrontalier du Hainaut (composé du Parc naturel régional de Scarpe Escaut et du Parc naturel belge des Plaines de l’Escaut) afin d'assurer une cohérence géographique et cartographique. Il a identifié un certain nombre d’actions concrètes afin de préparer la prise en compte de la trame écologique et de ses corridors dans les documents d’urbanisme et de planification :

  • L’intégration de la trame écologique dans la prochaine Charte et sa traduction dans le plan de Parc auxquels devront donc se référer les aménageurs du territoire.
  • La restauration de mares comblées ou de haies pour les corridors forestiers ou paludéens.
  • L'utilisation de la maîtrise foncière comme outil de gestion de l’espace, afin de mettre l’acquisition de parcelles au service du maintien des corridors.
  • La mise en place de « contrats corridors » avec les différents acteurs du terrain et gestionnaires des espaces.

La cartographie des réseaux écologiques par type de milieu est en cours de finition. 4 types ont été identifiés en fonction des particularités et des enjeux écologiques et paysagers du territoire : zones humides et aquatiques, massifs forestiers, zones agricoles, réseau minier.

Atouts et limites : 

Plus-value de la démarche partenariale Parc-Région, autres territoires de projet :

  • La réalisation en amont du Schéma régional de la Trame verte et bleue permet d’assurer la cohérence des réseaux écologiques et des propositions d’actions définis par les différents territoires de projet (pays, PNR…)
  • Le Parc est assuré dès le départ de la prise en compte de son réseau écologique dans les outils de mise en œuvre de la Trame verte et bleue de la Région (financements…)

Pour la région, un des intérêts de travail concerté avec le Parc réside dans l’importance qu’a ce dernier en matière de protection de la biodiversité sur le territoire régional. Choisis pour leurs patrimoines remarquables, les Parcs sont en effet composés de zones réservoirs déterminantes pour la constitution et le fonctionnement du réseau écologique régional et offrent plus largement des éléments de guidage dans l’identification de corridors supra-régionaux voir paneuropéens.

En tant que territoire de projet, formé sur la base de la concertation et du contrat, proche des communes et EPCI de son territoire, le Parc offre un cadre territorial pertinent pour la mise en œuvre opérationnelle des « corridors écologiques ».
Les documents d’urbanisme doivent en outre être compatibles avec sa Charte.

Méthodologie d’intervention : Si la méthode identifiée par la Fédération des Parcs guide efficacement les gestionnaires pour l’identification des différents réseaux et milieux cibles, des difficultés interviennent au moment de définir :

  • les espèces cibles (sur quels critères),
  • les structures paysagères à favoriser pour faciliter les déplacements des espèces et la connectivité du paysage
  • les impacts réels des peupleraies sur la connectivité écologique

Ces difficultés sont liées principalement à un déficit de recherches dans ce domaine, alors même que l’intérêt grandissant des politiques pour la question des réseaux écologiques impliquent des possibilités de financement. Si la déclinaison des différentes actions en faveur des corridors se fait actuellement de manière itérative, par tâtonnements, il reste à organiser des partenariats solides et de long terme avec la recherche.

Date de mise à jour : 
Mercredi 8 déc 2010
Région : 
Hauts-de-France
Type d'intervention : 
Protection - préservation
Partenaires : 

Conseil régional Nord-Pas-de-Calais, conservatoire botanique national de Baileul, groupe ornithologique et naturaliste du Nord-Pas-de-Calais

Fédération des Parcs naturels régionaux de France

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