Incendies : un été noir pour les Parcs naturels régionaux

Forêt incendiée, l'espoir est dans la pigne. - PNR Landes de Gascogne

Alpilles, Armorique, Chartreuse, Corbières-Fenouillèdes, Golfe du Morbihan, Grands Causses, Haut-Languedoc, Haut-Jura, Landes de Gascogne, Médoc, Morvan, Vercors et Verdon (liste non exhaustive) ont le triste point commun d’être le théâtre de violents incendies depuis le début de la saison estivale.  

Un été qui bat tous les records 

Depuis le début de l’année, on dénombre 271 départs de feu et 62 351 hectares brûlés sur l’ensemble du territoire français selon le Système européen d’information sur les feux de forêts, soit trois fois plus que la moyenne des dix dernières années. En conséquence, ces incendies ont mis à mal la filière forestière et contribué à accentuer le changement climatique, plus de 1 million de tonnes de carbone ayant été relâché dans l’atmosphère, une statistique très largement au-dessus de la moyenne (un peu plus de 0,5 million de tonnes) et qui devrait dépasser le record de 1,3 millions de tonnes établis en 2003. Les filières touristiques et agricoles sont aussi concernées.

L’action des Parcs dans les territoires 

En 2020, une enquête menée auprès du réseau des Parcs révélait déjà que plus de la moitié des 58 Parcs naturels régionaux avaient été touchés par des incendies de milieux naturels ces dernières années (forêts, dunes, landes, maquis, savanes…), avec une importance variable (de quelques hectares à quelques milliers d’hectares) mais une répartition dans quasiment toutes des régions de France.

Cette même enquête interrogeait le degré d’implication des Parcs naturels régionaux dans la gestion du risque incendie. Elle a révélé que les territoires les plus vulnérables au risque incendie étaient souvent peu associés dans la gestion locale de ce risque, à l’exception notable de quelques Parcs (Alpilles, Armorique, Causses du Quercy, Corse, Pyrénées catalanes, Sainte-Baume, Verdon...). De manière plus globale, et selon les spécificités territoriales de chaque Parc, quatre modes d’intervention des Parcs se distinguent :  

  • La sensibilisation des publics face au risque incendie, intégrée dans le rôle d’éducation à l’environnement des Parcs ; 
  • La collaboration, en amont, avec les acteurs de la défense contre les incendies, pour l’identification des zones les plus à risque et au patrimoine naturel le plus fragile, l’accompagnement des éleveurs pour reconquérir des espaces embroussaillés, l'entretien voire la création de points d’eau incendie naturels, la prise en compte du risque incendie dans les documents d’urbanisme et les plans de circulation des véhicules à moteur, etc. ; 
  • La réalisation de suivis écologiques post-incendie ; 
  • La réflexion, en aval, sur les meilleures solutions pour redonner vie aux espaces brûlés.

Le réseau des Parcs sera mobilisé à la fin de l’été pour dresser le bilan complet des incendies de ces derniers mois et proposer à l’ensemble des acteurs concernés par la défense contre les incendies de travailler collectivement sur des solutions adaptées à chaque territoire et, plus globalement au défi du changement climatique.

La prévention, un levier d’action dans la lutte incendie 

Face à la sécheresse qui touche l’ensemble du pays et accentue le risque incendie, les gestes de prévention peuvent faire toute la différence. 

Localement, de nombreux territoires ont interdit, par arrêté préfectoral, l’accès à certains milieux, notamment des massifs forestiers. Une restriction forte pour les usagers et les visiteurs mais essentielle pour limiter les risques et préserver autant que possible les milieux naturels. 

Les Parcs en appellent également au bon sens et rappellent les règles de sécurité :  

  • Pas de jets de mégots  
  • Pas de barbecue ou de feux à proximité d’espace naturels 
  • Pas de travaux pouvant provoquer des étincelles 

Un message de sensibilisation à retrouver dans la campagne estivale #QuandOnarriveEnParc mais qui vaut aussi, au-delà des Parcs, pour toutes les aires protégées.