Les Parcs acteurs de la PAC

À la croisée des regards

Les Parcs naturels régionaux sont historiquement engagés dans la mise en œuvre de la Politique Agricole Commune (PAC), notamment sur les mesures dites du 2nd pilier consacré au développement rural et aux mesures environnementales. A l’occasion de la réforme de la PAC à l’échelle européenne, les Parcs naturels régionaux et les Parcs nationaux ont élaboré une série de propositions pour la future PAC, rassemblées au sein de "Pour une PAC des Territoires". Ils y défendent une PAC qui soit plus en adéquation avec les enjeux des territoires et qui permette une véritable transition agroécologique : maintien des petites exploitations et de l’élevage extensif, développement de l’agriculture biologique et de filières territorialisées, préservation des prairies permanentes, du bocage, des zones humides sont autant d’enjeux au cœur des préoccupations des Parcs.

Pour une meilleure prise en compte des territoires et des aires protégés

Les Parcs naturels régionaux ont développé de nombreuses actions en faveur de la transition agroécologique, qui se fondent sur :

  • L’attachement au territoire
  • La protection des milieux
  • La mobilisation d’outils de concertation et de contractualisation (Plans Alimentaires Territoriaux, marque Valeurs Parc, Paiements pour Services Environnementaux…)

Les Parcs sont engagés depuis de nombreuses années dans la mise en œuvre de la PAC, notamment sur l’animation de MAEC (mesures agroenvironnementales et climatiques) et de projets LEADER. Avec les Parcs nationaux et la contribution d’autres partenaires (Pour une autre PAC, AFAC-Agroforesterie, Solagro, CBN...), les PNR ont élaboré une série de propositions pour la future PAC, aboutissant à la publication du plaidoyer Pour une PAC des territoires en mars 2020.

Dans le cadre de l’élaboration du Plan Stratégique National qui détermine le cadre d’application de la PAC en France, les Parcs naturels régionaux, les Parcs nationaux et l’OFB se sont associés pour approfondir ces propositions et défendre une meilleure prise en compte des enjeux des territoires dans la PAC, en particulier ceux des aires protégées :

  • Les interventions mobilisées pour répondre à ces enjeux doivent permettre d’accompagner la transition des exploitations qui en ont le plus besoin, tout en veillant à maintenir les pratiques vertueuses existantes.
  • Ces interventions doivent faire sens pour les agriculteurs et doivent pouvoir s’adapter à la diversité des paysages et des milieux pour assurer leur efficacité et éviter la banalisation des milieux.
  • Enfin, la PAC doit prévoir un droit à l’expérimentation permettant d’aller plus loin dans le développement des pratiques agroécologiques, prioritairement dans les zones où la protection de la biodiversité est un enjeu central.

La nécessaire mise en cohérence des politiques publiques

La France et l’Union européenne se sont fixés des objectifs ambitieux pour préserver la biodiversité et lutter contre le changement climatique, et l’agriculture est identifiée comme l’un des leviers majeurs pour atteindre ces objectifs. Avec 50 milliards € de budget annuel, la Politique Agricole Commune est l’élément structurant du système agro-alimentaire européen, mais elle reste inscrite dans une logique agro-industrielle qui ne permet pas de préserver les ressources naturelles ni d’assurer la résilience des exploitations face aux risques économiques et climatiques.

Les Parcs ont vocation à être des territoires d’excellence de la transition agroécologique, à condition de disposer de moyens permettant de maintenir et développer une agriculture qui contribue à l’attractivité et à la qualité patrimoniale et paysagère du territoire. La réforme de la PAC et son application à travers le Plan Stratégique National est l’opportunité d’activer ces leviers de la transition agroécologique et de mettre en cohérence et en pratique les objectifs de protection de la biodiversité, de soutien aux agriculteurs et de développement des territoires portés par la France et l’Union Européenne.